Une femme adulte face au reflet de sa mère, symbolisant l’héritage familial et la répétition des comportements parentaux

Cette petite phrase résonne-t-elle à vos oreilles ?

Vous vous étiez pourtant juré de ne jamais devenir comme elle. Vous vous étiez fait la promesse ultime, à vous-même, peut-être même à votre partenaire de vie : JAMAIS, JAMAIS, vous ne deviendriez comme votre mère.

Non pas qu’elle n’était pas une bonne mère. Elle vous a aimé, à sa façon. Elle vous a nourri, bordé, lavé, écouté… Elle a même mouché votre nez plein de morve (yerk !) et ramassé votre vomi de gastro. Non, mais sans blague : il en faut de l’amour pour faire tout ça, pour endurer tout ça ! Et pourtant, vous vous étiez promis de ne JAMAIS être comme elle.

C’est ce petit côté « à peine » contrôlant que vous trouviez « à peine » insupportable.

La petite liste de tâches à faire les jours de congé scolaire, juste pour être certaine que vous ne profitiez pas trop de votre temps avec les amies :

Bon matin ma chérie,
Faire la salle de bain du sous-sol
Ranger le placard d’entrée
Vider le lave-vaisselle
Faire le ménage de ta chambre (n’oublie pas la moppe sur le plancher)
Profite bien de ta journée !
Maman qui t’aime xx

Eh oui, « profite bien » ! Une fois la liste terminée, il ne reste plus aucune seconde pour profiter de quoi que ce soit. Drôle de façon de démontrer son amour.

Et ce n’est rien comparé aux heures de rentrée imposées, largement en dessous de celles de vos amis. Le retour obligatoire à la maison après l’école, l’interdiction de sortir en semaine ou l’ordre d’être rentrée avant la noirceur… Très pratique, l’hiver au Québec ! Ah oui, avait-elle oublié que vous aviez 15 ans ? Que vous aviez déjà fait l’amour avec un garçon ?
Oups, chut ! Ça, elle ne le sait pas. Elle croit encore que les relations sexuelles avant le mariage, ça n’existe pas.

« Tu plies d’abord la serviette en deux, puis tu la retournes et tu replies dans l’autre sens. Ensuite, tu plies à nouveau. Et n’oublie pas : tu les ranges toutes du même côté. La petite fleur avec la petite fleur. »

Oh ! Et la journée où une nouvelle amie est venue à la maison :

« Heureuse de te rencontrer, Sara. Tu connais ma fille depuis longtemps ? Vous êtes dans la même classe ? Tu veux faire quoi plus tard ? Tes parents sont d’ici ? Ils font quoi dans la vie ? »

Maman, c’est bon là. On peut y aller ?

« Ma fille me trouve bien fatigante. Je m’intéresse, c’est tout. »

S’intéresser ? Ou tout savoir ?

« À peine » contrôlante. Et ce jour-là, comme ce n’était pas votre première humiliation version Inspecteur Gadget, vous vous êtes juré de ne JAMAIS être comme elle.

Les années ont passé. Vous êtes tombée amoureuse, vous vous êtes mariée, vous avez eu des enfants.
Et un jour, après une dispute, le monsieur avec qui vous partagiez votre vie vous a lancé :

« T’ES PAREILLE COMME TA MÈRE ! J’en peux plus. »

Bordel. Vos oreilles en bourdonnent encore. Comment est-ce possible ? Il dit n’importe quoi. Qu’est-ce qu’il en sait, lui, de votre mère ? Vous ne lui ressemblez pas du tout. Qu’il aille au diable. Il ne le pense pas vraiment.
Mais au fond de vous, une petite voix murmure qu’il a raison. Et c’est ce qui fait le plus mal : pas les mots, mais la vérité qu’ils contiennent.

Le couple est un terrain fertile pour faire émerger ce qui ne fonctionne pas dans nos systèmes de famille.
Ce que l’on juge chez nos parents, nous le ramenons — systématiquement — dans nos relations, et principalement dans nos relations amoureuses.

Faites un petit exercice : prenez un élastique et un marqueur. Tenez l’élastique d’une main et repoussez le marqueur avec l’autre pour l’étirer au maximum. Imaginez maintenant si vous lâchez le marqueur… à quelle vitesse il va revenir vous frapper au visage ?
C’est le même principe avec ce que vous repoussez de vos parents.
Plus vous rejetez un comportement ou un trait de caractère, plus il risque de revenir… rapidement… et douloureusement.

La clé, dans toutes vos relations — amicales, sociales ou amoureuses — réside dans l’acceptation de vos parents. Tels qu’ils sont. Ni plus, ni moins.

Ils sont comme ils sont. Ils ont fait de leur mieux avec les outils et les ressources qu’ils avaient.
Ils vous ont donné ce qu’ils possédaient. Ils ne pouvaient pas offrir ce qu’ils n’avaient pas.

Ils ont été les parents parfaits pour vous permettre d’être la personne que vous êtes.
Et surtout, ils vous ont offert le plus grand cadeau qu’il soit : la VIE.

Humainement vôtre,
Ariane Laberge


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